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Le loup dans le Var : point de situation et actions menées en 2020

 

Mardi 26 janvier, le préfet du Var a réuni le comité départemental loup pour dresser le bilan de l’année 2020.

 

Le comité départemental loup est une instance de concertation et d’information, composé d’élus, de représentants d’organisations professionnelles et associatives, des administrations ainsi que des établissements publics de l’État et d’organisations à compétence scientifique.
Lors du comité du 26 janvier 2021, les participants ont dressé le bilan de l’année 2020, fait un point de situation sur le suivi des populations et l’évolution du protocole d’intervention du plan national d’actions sur le loup et les activités d’élevage 2018-2023.

Le pastoralisme dans le Var est particulièrement exposé à la prédation du loup en raison d’une pratique du pâturage toute l’année, de milieux embroussaillés conjugués à une pratique d’un sylvo-pastoralisme très extensif, et les limites des moyens de protection traditionnels qui s’avèrent difficiles à déployer, en particulier dans l’enceinte du camp militaire de Canjuers.

Camp militaire de Canjuers

Le camp militaire de Canjuers, qui s’étend sur 35 000 hectares répartis sur 13 communes, est le secteur historique de prédation dans le Var et représente à lui seul deux tiers des victimes de la prédation par le loup. Contrairement aux pratiques des autres départements alpins ou pré-alpins, les troupeaux sont présents à l’année sur le plateau de Canjuers, conduisant de ce fait à une prédation permanente, y compris en hiver. Le pastoralisme à Canjuers se caractérise par une taille importante de certains troupeaux pouvant dépasser 1000 têtes.
Le camp militaire de Canjuers est devenu « zone expérimentale » qui a pour vocation de soutenir l’activité pastorale et sylvo-pastorale sur le territoire du camp en réalisant notamment des études des périodes quotidiennes de vulnérabilité des troupeaux ainsi que des travaux de ré-ouverture des milieux par débroussaillage en vue d’une diminution du risque d’incendie et d’une sécurisation de la conduite des troupeaux.
Le coût total du programme d’études et de travaux s’élève à 414 000 € sur la période 2020-2023, et est financé à hauteur de 60 % par le Plan national d’actions Loup et la Fondation François Sommer.

Zones de présence permanente (ZPP) et meutes

Treize meutes de loups ont colonisé le département du Var ; trois d’entre elles sont situées à cheval sur deux départements (Alpes-Maritimes et Bouches-du-Rhône). La grande majorité de ces meutes sont présentes dans le Haut-Var :
- 5 meutes dans le secteur élargi de Canjuers ;
- 2 meutes dans le secteur de Draguignan – Salernes ;
- 3 meutes dans l’Ouest du Haut-Var ;
- Au sud : 2 meutes dans le massif Sainte-Baume et 1 meute dans le massif des Maures.
L’expansion géographique du loup se poursuit dans la mesure où, à l’issue du dernier bilan de suivi, deux nouvelles zones de présence ont été détectées dans le massif Sainte-Baume et dans le Bessillon (au Nord de Brignoles). On observe une densification progressive des territoires de meutes à l’échelle du département, mais la pression de prédation reste stable, voire diminue légèrement.

Données de prédation

Année 2018 : 405 attaques causant 1270 victimes
Année 2019 : 387 attaques causant 1323 victimes
Année 2020 : 368 attaques causant 1156 victimes, soit une diminution de 5 % du nombre d’attaques et 12 % du nombre de victimes.
Ces chiffres à première vue encourageants sont à considérer avec prudence en raison de l’existence, en 2019, d’un foyer ponctuel de prédation sur un troupeau caprin non protégé, ayant provoqué une centaine de victimes jusqu’à mise en place de moyens de protection efficaces. On peut donc considérer que la prédation par le loup a diminué de 5 % entre 2019 et 2020 et qu’elle est relativement stable depuis 2017 en dépit d’une augmentation du nombre de loups.
Le secteur élargi du camp de Canjuers concentre deux tiers des victimes, et le centre et ouest du Haut-Var représentent 25 % des victimes. Le massif de Sainte-Baume et le massif des Maures représentent chacun moins de 5 % des victimes.

Protocole d’intervention sur la population de loups

Compte tenu de l’effectif estimé de 580 loups sur le territoire français à l’issue du suivi réalisé au cours de l’hiver 2019-2020, le nombre maximum de spécimens de loups pouvant être détruits a été établi à 110.
A l’issue de l’année civile, 105 loups ont été détruits sur le territoire français, dont 3 dans le département du Var, suite à des opérations de tirs de défense et tirs de prélèvement réalisés par la louveterie, des chasseurs ainsi que la brigade loup.
Ces opérations de destruction sont réalisées exclusivement dans les foyers de prédation sur les troupeaux ovins et caprins les plus prédatés du Var pour réduire la pression de prédation par le loup.

Le soutien de l’État

Outre la mise en œuvre du protocole d’intervention, notamment par les tirs de défense et de prélèvement, le soutien public apporté à la protection des troupeaux via les aides Etat-FEADER aux dépenses prévues par les éleveurs s’élève à 1 805 000 € engagés en 2020. Le montant des aides versées aux éleveurs en 2018 s’élevait à 1 285 000 € et en 2019 à 1 363 000 €.

Concernant les chiens de protection des troupeaux, 352 forfaits d’entretien ont été passés dans le Var, dont environ 200 à Canjuers.
Sur les 368 attaques subies en 2020, 1 156 victimes ont été indemnisées pour un montant supérieur à 400 000 €.